
Le choix du micro est l'une des questions qu'on nous pose le plus souvent. Il n'y a pas de réponse universelle : un micro qui flatte une voix peut en rendre une autre agressive. En revanche, quelques notions simples permettent de faire un choix éclairé, que vous enregistriez chez vous ou que vous veniez au studio.
Les trois grandes familles
Le micro dynamique
Robuste, peu sensible, il capte surtout ce qui est proche de lui. C'est un atout dans une pièce non traitée : il entend moins la réverbération et les bruits ambiants. Il supporte les forts niveaux sonores, ce qui en fait un bon choix pour les voix puissantes, le rock, le rap très projeté et la parole (podcast, radio). Des modèles comme le Shure SM7B ou l'Electro-Voice RE20 sont des références en broadcast.
Le micro statique (à condensateur)
Plus sensible et plus détaillé, il restitue les nuances, les harmoniques et l'air autour de la voix. C'est le choix le plus courant en studio pour le chant. En contrepartie, il capte aussi la pièce : dans une chambre non traitée, il enregistre la réverbération et les bruits. Il nécessite une alimentation fantôme (48 V). Parmi les grandes membranes répandues en studio figurent le Neumann U 87 Ai ou l'AKG C414.
Les micros à lampe sont une variante de statique : ils ajoutent souvent de la densité et une douceur dans les aigus appréciées sur certaines voix.
Le micro à ruban
Plus rare pour la voix, il offre un rendu doux, avec des aigus naturellement arrondis. Il peut convenir à une voix très brillante ou sibilante, ou à une esthétique rétro. Il est plus fragile et demande un préampli avec suffisamment de gain.
La directivité
La directivité décrit la façon dont le micro capte le son selon la direction :
- Cardioïde : capte surtout l'avant et rejette l'arrière. C'est le réglage standard pour la voix.
- Omnidirectionnelle : capte dans toutes les directions, plus naturelle mais plus sensible à la pièce.
- Bidirectionnelle (en huit) : capte l'avant et l'arrière, utile pour deux chanteurs face à face ou certaines techniques stéréo.
Certains micros statiques permettent de changer de directivité ; en cas de doute, restez en cardioïde.
L'effet de proximité
Plus on se rapproche d'un micro directionnel, plus les graves sont renforcés. C'est un outil : un chanteur peut s'approcher pour une voix chaude et intime, ou reculer sur un passage puissant. Mais trop près, la voix devient sourde et les plosives (« p », « b ») font des bruits de souffle. Un filtre anti-pop placé à quelques centimètres du micro limite ce problème.
La pièce compte autant que le micro
Un micro coûteux dans une pièce réverbérante donnera un résultat souvent moins bon qu'un micro modeste dans un endroit mat. Si vous enregistrez chez vous, commencez par traiter l'environnement immédiat : couette derrière vous, rideaux épais, placard rempli de vêtements. Et préférez un micro dynamique si la pièce est vraiment vivante.
Comment nous choisissons au studio
- Nous écoutons votre voix en parlant, puis sur quelques phrases du titre.
- Nous installons deux ou trois micros côte à côte et enregistrons le même passage sur chacun.
- Nous écoutons ensemble, au niveau égal, et vous choisissez celui qui vous ressemble le plus.
- Nous ajustons ensuite la distance et l'angle pour affiner le rendu.
Ce test prend une quinzaine de minutes et fait partie de chaque séance de prise de voix.
À retenir
- Dynamique : pièce non traitée, voix puissantes, parole.
- Statique : détail et nuances, dans une pièce traitée.
- Ruban : douceur, voix brillantes ou esthétique rétro.
- Cardioïde par défaut, filtre anti-pop, distance ajustée à l'intention.
