
Quand un titre arrive au mixage, la première heure est souvent consacrée à des tâches qui n'ont rien de musical : retrouver quelle piste est quelle, réaligner des fichiers décalés, demander une piste manquante. Une bonne préparation évite ces pertes de temps et vous garantit que l'ingénieur travaille sur la bonne version de chaque élément.
Pistes ou stems : de quoi parle-t-on ?
Les pistes sont les éléments individuels de votre session : grosse caisse, caisse claire, voix lead, guitare du couplet… Les stems sont des regroupements de pistes : toutes les batteries sur un fichier stéréo, toutes les voix sur un autre, etc. Pour un mixage, nous préférons recevoir les pistes séparées ; les stems servent plutôt au mastering en stems ou à la diffusion.
1. Exporter au bon format
- Fichiers WAV (ou AIFF), jamais de MP3 pour un mixage.
- Résolution 24 bits (ou 32 bits flottants).
- Même fréquence d'échantillonnage que votre session (44,1, 48 ou 96 kHz). Ne la convertissez pas.
- Pistes mono exportées en mono, pistes stéréo en stéréo. Une voix enregistrée avec un seul micro n'a pas besoin d'être stéréo.
2. Un point de départ commun
Toutes les pistes doivent commencer exactement au même endroit, idéalement à la mesure 1 ou au tout début de la session, même si l'instrument ne joue qu'à la deuxième minute. Ainsi, il suffit de les importer pour qu'elles soient alignées. C'est l'erreur la plus fréquente, et la plus coûteuse à corriger.
3. Nommer clairement
Un nom comme « Audio 14_03.wav » ne dit rien. Préférez un format constant : numéro, instrument, précision. Par exemple : 01_Kick_In, 02_Kick_Out, 10_Bass_DI, 20_Gtr_Couplet_L, 30_Voix_Lead, 31_Voix_Doublage. Les numéros regroupent les familles d'instruments dans l'ordre.
4. Que faire des effets ?
La règle générale : exportez les pistes sans les traitements de correction (égaliseur, compresseur) que vous avez mis pour vous faire une idée, mais avec les effets qui font partie du son voulu (une distorsion créative, un filtre automatisé, un synthétiseur avec son propre délai).
En cas de doute, fournissez les deux versions : « Voix_Lead_sec » et « Voix_Lead_effets ». Retirez dans tous les cas le limiteur ou le traitement de mastering du bus principal.
5. Vérifier les niveaux
Aucune piste ne doit saturer. Visez des crêtes autour de −6 dBFS environ, sans chercher à normaliser. Si une piste a saturé à l'enregistrement, signalez-le : nous verrons ensemble si une reprise est possible.
6. Les informations à joindre
- Le tempo (et ses changements éventuels) et la tonalité.
- Votre mix de travail (le « rough mix ») : il nous montre l'équilibre que vous avez en tête.
- Deux ou trois titres de référence dont vous aimez le son, avec ce qui vous plaît dans chacun.
- Les éléments à mettre en avant et ceux qui doivent rester discrets.
- Les versions attendues : instrumentale, a cappella, version courte.
7. Envoyer les fichiers
Regroupez tout dans un dossier compressé (ZIP) nommé avec le nom de l'artiste et du titre, et envoyez-le par un service de transfert de fichiers de votre choix. Conservez de votre côté une copie de la session d'origine : c'est votre sauvegarde.
Liste de contrôle
- WAV 24 bits, fréquence d'origine.
- Toutes les pistes démarrent au même point.
- Noms clairs et numérotés.
- Pas de limiteur sur le bus principal ; effets créatifs conservés.
- Pas de saturation.
- Tempo, tonalité, rough mix et références joints.
